
Cotidianul 'Le Monde' publicã, în ediþia sa de miercuri, 17 mai, un comentariu semnat de corespondentul sãu din Bruxelles, Thomas Ferenczi, ºi în care sunt subliniate diferenþele apãrute între România ºi Bulgaria în procesul de aderare la UE, precum ºi restanþele celor douã þãri în procesul de reformã.
La Commission européenne a reporté, de quatre mois au plus, sa recommandation sur la date d'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Union européenne. La décision de l'exécutif européen interviendra "au plus tard début octobre". D'ici là, Sofia et Bucarest devront corriger le tir dans des domaines "de préoccupation grave" s'ils veulent adhérer à la date prévue du 1er janvier 2007.
Les traités d'adhésion prévoient en effet que les deux pays rejoindront à cette date les 25 pays membres de l'UE, mais laissent ouverte la possibilité d'un report d'un an s'ils ne sont manifestement pas prêts. Des clauses de sauvegarde permettront également de suspendre pendant trois ans l'application de certains droits en cas de difficultés, en particulier dans les domaines du marché intérieur et de la justice. Le rapport présenté par le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, estime qu'en dépit des efforts accomplis par les deux pays d'importants problèmes subsistent qui doivent faire l'objet d'"actions urgentes".
Pour la Bulgarie, ces points noirs sont au nombre de six. Trois concernent le domaine judiciaire : la Commission demande "des résultats tangibles contre la criminalité organisée", "une application plus efficace et plus systématique des lois destinées à lutter contre la fraude et la corruption" et "des actions plus efficaces contre le blanchiment d'argent". Les trois autres ont trait à la gestion des fonds structurels pour l'agriculture, à la protection de l'environnement et à la sécurité alimentaire. Le précédent rapport de la Commission, en octobre 2005, recensait seize points noirs. Les progrès sont donc réels, mais ils ne sont pas jugés encore suffisants.
"DÈS QUE POSSIBLE"
Pour la Roumanie, le nombre de points noirs est passé de quatorze à quatre. La grande différence avec la Bulgarie est que la corruption a cessé d'être considérée comme un obstacle à l'adhésion. Les quatre domaines qui inquiètent la Commission sont, comme pour la Bulgarie, la gestion des fonds structurels pour l'agriculture, l'environnement et la sécurité alimentaire, auxquels s'ajoutent les lacunes de l'informatisation pour la collecte des impôts. Le précédent rapport mentionnait la corruption comme un des domaines "particulièrement préoccupants". Le nouveau prend acte des succès de la politique conduite dans des conditions difficiles par la ministre de la justice, Monica Macovei.
Il appartiendra aux Etats membres de décider si les deux pays sont prêts à entrer dans l'Union le 1er janvier 2007 ou s'ils doivent attendre un an de plus. Leur décision doit se fonder sur la recommandation de la Commission, attendue désormais au plus tard au début du mois d'octobre, en même temps que le rapport de M. Rehn.
Dans un entretien à la BBC Télévision, dimanche 14 mai, le président de la Commission, José Manuel Barroso, s'était dit favorable à l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie "dès que possible", à partir du moment où les deux pays "respecteront exactement tous les critères qui leur sont demandés". Cette déclaration avait été interprétée comme un soutien à l'hypothèse d'un report de la décision, défendue également par M. Rehn, mais contestée par certains commissaires.
Le Parti socialiste européen (PSE) s'était élevé contre tout retard de l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie. Son président, Poul Nyrup Rasmussen, avait déclaré lundi que la menace d'un nouveau délai ou le report de la décision serait "sans justification". Le président du PSE considère que la Bulgarie et la Roumanie doivent satisfaire aux mêmes critères que les nouveaux Etats membres, "ni plus ni moins". Il reconnaît qu'"il y a encore du travail à faire", notamment dans le domaine de la justice et des affaires intérieures, mais estime que "la masse critique" pour l'adhésion a été atteinte. La position de l'Union, selon lui, doit être "sans ambiguïté". "Retarder l'entrée des deux pays ne serait pas constructif, affirme-t-il, et retarder la décision ne serait pas juste.'